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Le fief du chat

Communication aux vétérinaires de M. Jean-Luc Vuillemenot, Secrétaire général de l’AFIRAC – Paris
(association française d’information et de recherche sur l’animal de compagnie)

En situation familiale

Dans la cellule familiale, le chat partage son domaine de vie en fonction de la configuration des locaux, de sa liberté de mouvement et de son niveau de relation avec les humains et les autres animaux éventuels du foyer. La superficie de l’habitat est un facteur mineur par rapport à la répartition des différentes zones à l’intérieur desquelles le chat peut développer une activité. L’équilibre quotidien du chat est intrinsèquement lié à la richesse du milieu dans lequel il évolue et au respect de ses cinq besoins spatiaux fondamentaux : alimentation, repos, isolement, élimination, jeu.
La cohabitation entre les humains habitant le même domaine de vie que le chat s’articule autour de l’organisation de l’espace commun et de la possibilité de mise en place d’interactions positives. La liberté de déplacement est une clé essentielle de l’équilibre du chat. En appartement, il faut que les portes entre les pièces soient ouvertes. En maison individuelle, il doit exister une possibilité permanente pour le chat d’aller et venir entre l’intérieur et l’extérieur. Les autres animaux, congénères ou non, ne doivent pas être mis en situation de concurrence territoriale, affective ou relationnelle au même moment et sur le même domaine de vie. La surface de l’habitat humain n’est pas prépondérante pour peu qu’elle tienne compte du chat afin d’empêcher la proximité entre des aires de vie différentes. L’animal doit pouvoir parfaitement identifier et distinguer les aires d’alimentation, de repos, d’isolement, d’élimination et de jeux. Les aires de nourriture et d’élimination peuvent être partagées entre plusieurs chats. Les aires liées à l’isolement et aux jeux sont souvent propres à chaque individu félin. L’endroit où le chat se repose est en constante évolution dans la mesure où son positionnement varie en fonction de paramètres environnementaux, temporels et saisonniers. Le chat qui a baigné au cours de la période sensible (de la 2e à la 9e semaine de vie) dans un milieu riche en sollicitations, en formes, en couleurs, en sonorités et en interactions inter et intraspécifiques, manifeste une aptitude à un comportement équilibré durable. Le principe des libertés fondamentales (accès libre à la nourriture, à l’abreuvement et au confort ; absence de maltraitance ; possibilité de développer un registre comportemental compatible avec les exigences spécifiques ; absence de stress) développé pour les animaux de rente s’applique comme un standard minimum garantissant la bientraitance du chat en situation intrafamiliale.

Dans l’environnement de proximité

A l’extérieur du foyer familial humain, le chat subit une multitude d’agressions dues à la présence d’un environnement humain plus ou moins hostile, d’une grande variabilité du groupe humain et à la cohabitation avec d’autres animaux. Celle ci peut être difficile, notamment avec les chats de passage. Le chat est l’objet de frustrations élaborées à partir de l’absence de stabilité de son milieu, de la diversité des interactions avec les humains et en cas d’incapacité de ses maîtres à appréhender son éthologie et l’aspect particulier du caractère de chaque individu félin.
Placé en situation de cohabitation forcée avec l’homme et son environnement immédiat, le chat doit pouvoir y puiser une large palette de situations variées mais sécurisantes. L’organisation de son espace et la possibilité d’interactions de bonne qualité sont essentielles à son équilibre.
Le développement des connaissances sur l’éthologie féline et leur diffusion aux propriétaires de chat, notamment par le conseil des vétérinaires, constituent une voie de résolution des problèmes posés par la question de l’adéquation entre le chat, son maître et leur habitat.

Un univers contraint et contraignant

L’organisation de l’espace personnel dans la société occidentale ne prend pas en compte la présence d’un animal de compagnie comme le chat. Par ailleurs, la configuration architecturale des habitations ne conçoit pas une permanence du passage entre les lieux privés et publics. L’univers humain confine le chat dans un espace réduit, à l’intérieur duquel des contraintes de déplacement et de résidence lui sont imposées.

Un monde frustrant

Le chat peut être déstabilisé par des changements d’habitudes, de rythme de vie, de fréquence des événements habituels, d’odeurs ou d’occupation de l’espace. Le bouleversement de son habitat par l’arrivée d’un humain inconnu, d’un bébé, d’amis de son maître ou d’un autre animal modifie ses rapports à son monde.
Les clés pour la mise en place d’une cohabitation harmonieuse entre les maîtres et leur chat dans l’espace qu’ils partagent sont multiples. Elles nécessitent une approche rigoureuse plus fréquente au plan de la recherche fondamentale et une plus grande cohérence de l’information diffusée vers les vétérinaires et les propriétaires de chats.